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Des jouets pas comme les autres

Cela faisait longtemps que je voulais évoquer ces deux séries du photographe Gabriele Galimberti.

La première s'appelle Ameriguns. La seconde s'appelle Toy Story. Et je crois que les confronter l'une à l'autre en dit beaucoup sur le monde dans lequel on vit. Mais également qu'elle exprime ce qu'il se passe parfois entre l'enfance et l'âge adulte.

Ameriguns

Pour la série Ameriguns, le photographe italien est parti du constat qu'aux États-Unis, le nombre d'armes en circulation est supérieur à celui de la population. Il a donc décidé de parcourir le pays pour rencontrer les Américains qui possèdent plus d'une arme. Devant l'objectif du photographe, les "fiers propriétaires" d'armes à feu - pour reprendre les mots de Gabriele Galimberti - posent avec leur collection. Généralement, les armes de guerre sont légions, et quasiment toutes sont automatiques. Il y a ici peu de place pour les armes de collection historiques. Les personnes photographiées par Gabriele Galimberti considèrent les mousquets ou les pistolets d'ordonnance comme bien accessoires.

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"La Fille du bord du lac" par Vicious Steel

Gros coup de cœur pour ce titre du duo français Vicious Steel. Un blues poisseux aux accents de chanson française dépouillée. La version studio est disponible sur toutes les affreuses plateformes de streaming.

"Give Me Water" par John Forte & Valerie June

Je n'ai plus aucun souvenir de comment je suis tombé sur cette chanson - peut-être en faisant des recherches sur The Fugees ? - mais ce titre est un très beau blues moderne aux vieilles racines. La nonchalance de Valerie June y est pour beaucoup.

"Patience" par Chris Cornell

La famille de Chris Cornell a dévoilé une reprise réalisée par ce dernier, peu avant sa mort. Il s'agit d'une adaptation de "Patience", titre de Guns N' Roses, publié en 1989 sur la face acoustique de l'EP Lies. Et c'est très beau.

Source : Kerrang

Tribune : La Séduction du désastre

Pascal Bruckner n'est franchement pas mon copain, mais comme lire ses ennemis force toujours à travailler ses arguments, j'aime bien les interrogations qu'apporte cette tribune qui relativise un peu la tendance post-apocalyptique, dont je suis pourtant friand en termes artistiques.

Dans une société laïque, le prophète n'a d'autre viatique que son indignation. Il arrive alors qu'enivré par sa propre parole, il s'arroge une légitimité indue et appelle de ses voeux la destruction qu'il prétend récuser. Tel est le renversement : l'Apocalypse devient pour ses partisans notre seule chance de salut. Comme ces réactionnaires qui, dans les années 1960-1970, souhaitaient aux jeunesses européennes une bonne guerre pour les calmer, nos atrabilaires espèrent que nous allons toucher le fond pour nous éveiller enfin. Vous méritez une bonne leçon, vous n'avez pas assez souffert, vous devez en baver ! C'est un véritable voeu de mort qu'ils adressent alors aux populations. Ce ne sont pas de grandes âmes qui nous mettent en garde, mais de tout petits esprits qui nous souhaitent beaucoup de malheurs si nous avons l'outrecuidance de ne pas les écouter. La catastrophe n'est pas leur hantise, mais leur jouissance la plus profonde.

edit : J'ai depuis eu l'occasion de lire les déclarations de Pascal Bruckner à propos de Rokhaya Diallo. Eh bien... Je crois que je me garderai bien à l'avenir de citer la plupart des intellectuels français ayant accès aux médias...

Reportage : France Info, le crack et le nord de Paris

Reportage un peu sensationnaliste et parfois hilarant, alors qu'il traite d'un problème qui n'est pas drôle du tout (et que je connais pas trop mal) : le crack au nord de la capitale.

Une des raisons pour lesquelles c'est drôle, c'est qu'on y apprend que la gentrification a pour motivation de s'endetter vingt-cinq ans pour se persuader de vivre dans le quartier d'Amélie Poulain tout ça pour finir traumatisé par des toxicomanes qui divaguent (au sens propre et figuré) la nuit pendant que les gentils gentrificateurs sont au chaud dans leur lit :

"Dans le 10e arrondissement voisin, la proximité du canal Saint-Martin et le prix du mètre carré ont fait de ce quartier un endroit prisé des CSP+ souhaitant devenir propriétaires. Certains, qui rêvaient d'un quotidien à la Amélie Poulain, tombent de haut. "C'est un quartier mixte, très agréable pour certaines choses, mais je peux vous dire qu'on est loin de l'image idyllique des films quand on est réveillé à 4 heures du mat' par des junkies qui hurlent sous votre fenêtre", raconte Anouck, qui regrette aujourd'hui de s'être "endettée sur vingt-cinq ans" pour acheter son appartement."

Après, certains osent encore se demander pourquoi cette ville se marche de plus en plus sur la tête.

Archive : Remember when CIA shutdowned Rage Against the Machine's message board ?

Petite archive fournie par Kerrang qui rappelle qu'après le 11/09/2001, il n'y avait pas que l'Afghanistan et l'Irak qui étaient envahis. Une vague de censure avait en effet eu lieu aux USA, notamment via la fameuse (et folklorique) liste de chanson "qu'il serait préférable de ne pas diffuser" sur les radios du groupe Clear Channel. Dans ce memo, Rage Against the Machine n'avait qu'une ligne qui lui était consacré. Elle disait : "All songs." Au même moment, dépassé par son forum, l'hébergeur internet du groupe obtempère à la demande de la CIA.

Le plus "cocasse" dans l'histoire, c'est que les services secrets américains utiliseront de nombreuses chansons de Rage Against the Machine et du mémo de Clear Channel pour faire craquer les détenus prisonniers dans le cadre des campagnes militaires post 9.11.

Article : l'histoire de Like a Virgin

Petit article bien documenté sur la chanson qui a lancé la carrière de Madonna. "Like a Virgin" est écrite par deux hommes qui proposent leur texte et composition aux maisons de disques. Madonna s'approprie la chanson, la transforme et la défendra bec et ongle, sous les arrangements musicaux de Nile Rodgers du groupe Chic.